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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 10:47

R-Millet.png                                                                                         Richard Millet

 

 

 

En retrouvant ma terre d'accueil méditerranéenne hier, deux bonnes surprises m'attendaient :

Le jardin n'était pas inondé mais simplement très humide ( de l'herbe avait même repoussé entre les cactus) ET l'exemplaire commandé de "fatigue du sens" de Richard Millet était arrivé.

Je viens de le lire d'une traite, parce qu' il m'a fasciné et aussi, avouons le, parce qu'il est assez court pour que sa lecture d'un trait ne constitue pas une prouesse.

Je préviens ceux qui ne l'ont pas lu mais qui comptent le faire qu'il est déconseillé, voire contre indiqué aux grands dépressifs, en particulier les suicidaires, ainsi qu'à tous les gauchistes dont les yeux pourraient bien sortir de leurs orbites (ce qui créerait une lésion des nerfs optiques par étirement).

Millet, c'est beau, c'est très beau  mais ça ne rigole pas.

C'est beau, parce que l'écriture est belle et que le talent de l'auteur fait que la lecture de ce qu'il intitule essai, mais qui me semble plutôt correspondre à des réflexions, nous absorbe et nous dissout de telle sorte que nous voyons par ses yeux.

C'est beau et c'est tout à fait fascinant d'être transporté dans la tête de Millet.

Mais ça n'est pas joli joli à voir, ce qu'on voit par ses yeux.

Bien sûr, pour quelqu'un comme moi, le spectacle n'était pas surprenant et l'évidence de l'effondrement , non pas seulement de mon monde, mais d'un monde civilisé digne de ce nom, sa "barbarisation" et sa crétinisation n'ont rien de nouveau.

La souffrance quasi-physique éprouvée par l'auteur est également la mienne ( même si une relative inculture me préserve de pleurer autant que lui sur la disparition de ce que je n'ai jamais possédé ), ainsi que ses tendances au désespoir et à la misanthropie.

Pourtant, une fois refermé l'ouvrage et ayant totalement récupéré mes esprits, je m'ébrouais pour secouer les idées noires qui, comme des puces, m'étaient en quelque sorte étrangères, et retrouver l'état psychique de base qui m'est ordinaire.

Car non, décidemment non, je refuse de désespérer (ou alors un peu, mais rarement, et surtout pas de façon continue)

 

La question qui se posait alors était la suivante : pourquoi, devant l'épouvantable spectacle qui nous accable, monsieur Millet a t-il totalement lâché prise et pourquoi moi non ?

Les mauvaises langues et tous mes ennemis  diront, qu'étant d'un niveau intellectuel supérieur, l'écrivain a une vision plus nette que la mienne, et que voyant mieux il a plus de raisons d'être effondré.

Que nenni, répondrais-je : et d'une, contrairement à moi il a foi en  Dieu ce qui ne saurait être, on ne peut le nier, qu'une consolation, et, d'autre part, s'il est, tout comme moi, obsédé par la dissolution occidentale, il est visiblement moins accablé que je ne le suis par la solidification de l'anti-occident.

Pour faire court : Je devrais, normalement, être encore plus malheureuse que monsieur Millet or je le suis moins.

 

J'ai cherché pourquoi.

J'ai trouvé une seule explication à cette anomalie :

mon amour dérisoire pour la blagounette

ma passion pour la rigolade

ma folie du comique, du rigolo, de la blague de potache

 

Car s'il ne nous reste que nos yeux pour rire.... je jure d'en profiter !

 

Quoi qu'il arrive, mes amis, je vous le promets, je me foutrais de leur tronche jusqu'à ce que mort s'en suive ! qu'on se le dise.

 

ps:" allez, Richard, fais pas la gueule, je vais te raconter l'histoire du muz qui était poursuivi par un cochon....."

 

 

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Published by dxdiag.over-blog.com - dans autobiographie
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commentaires

Elias 15/11/2011 01:23



Il est dommage que le succès de "fatigue du sens" ait à ce point éclipsé son deuxième et bien plus magnifique essai "arguments d'un désespoir contemporain" dans lequel il déploie une langue
somptueuse qui nous offre au final un petit chef d'oeuvre littéraire.  



dxdiag.over-blog.com 15/11/2011 09:06



Merci Elias, je m'empresse de commander celui là.



NOURATIN 14/11/2011 17:45



Vous êtes magnifique, vraiment. C'est ça, l'important, toujours prendre


les choses en riant (sans contrepèterie s'entend) et quand on voit la chetron


de Millet on sent bien que pour le faire marrer il va falloir trouver autre


chose que le chatouiller sous les r pieds. Peut être la blague du muz


poursuivi par un porc, après tout, qui sait...


Amitiés. 



dxdiag.over-blog.com 15/11/2011 09:05



Merci Nouratin , j'espère n'avoir pas découragé de lire le texte superbe de Millet...dont la sincérité et la douleur
font un peu mal mais qui m'est réellement très sympathique (l'inverse ne serait sans doute pas vrai)



robespierre 14/11/2011 00:07



Au fait, comment vas-tu yo de poële ?



dxdiag.over-blog.com 14/11/2011 09:27



On vous pardonne en tant que fantôme de vous même Robespierre....



Boutros 13/11/2011 21:06



Dixie, veuillez m'excuser. Il y a des jours comme ça...


Je ne le ferai plus, promis.



dxdiag.over-blog.com 14/11/2011 09:27



Mon cher Boutros, je n'ai rien compris : je n'ai rien vu ce week end  si ce n'est le grand combat what's-his-name / Y Yanka (ça c'est du sport comme j'aime )



Georges 13/11/2011 20:16



« Le seul truc sérieux qui reste, c'est le foot. » Comme c'est vrai ! C'est la raison pour
laquelle je ne le regarde jamais : j'aime trop rire. 



dxdiag.over-blog.com 14/11/2011 09:26



Vous n'allez pas me croire....figurez vous que je déteste le foot (et le rugby, et le tennis, et le volley ball et l'athlétisme, et le ski nautique.....etc etc )dingue non ?